La cohésion sociale bruxelloise ne peut plus attendre : la FACS monte au créneau

La cohésion sociale bruxelloise ne peut plus attendre : la FACS monte au créneau

Alors que les mobilisations du non-marchand se multiplient à Bruxelles, la Fédération des Associations de Cohésion Sociale Bruxelloises (FACS) franchit un cap décisif. Dans ce troisième numéro de sa newsletter, la fédération — qui rassemble désormais plus de 80 associations agréées — annonce une interpellation politique officielle, alerte sur les consignes tardives de justification des subventions et lance une enquête sectorielle majeure. Décryptage d’un moment charnière pour le secteur.


Un tournant critique pour la cohésion sociale bruxelloise

Depuis plusieurs mois, Bruxelles traverse une crise politique, sociale et budgétaire sans précédent. L’absence prolongée de gouvernement régional, les restrictions communautaires, les réformes fédérales et la pression croissante sur les communes fragilisent l’ensemble du tissu associatif.

Les mobilisations se multiplient sur le terrain : travailleurs sociaux, associations, jeunes, acteurs culturels, citoyens, communes… Tous alertent sur l’urgence de protéger les services de proximité. C’est dans ce contexte tendu que la FACS a décidé de passer à l’action.


La FACS annonce une interpellation politique

Face à cette situation, la Fédération annonce son intention d’interpeller officiellement les responsables politiques. La FACS prépare une prise de parole structurée, collective et argumentée, afin de porter la voix du terrain et de rappeler le rôle essentiel de la cohésion sociale en Région bruxelloise.

Un secteur au bord de la rupture

La FACS finalise actuellement une lettre destinée aux autorités régionales, communautaires et fédérales. Le constat est alarmant : la majorité des associations agréées dépendent d’un financement multiple — COCOF, Région, Fédération Wallonie-Bruxelles, communes, parfois le fédéral ou des programmes européens. Un modèle déjà complexe en temps normal, mais devenu particulièrement instable dans le contexte politique actuel.

L’absence prolongée de gouvernement bruxellois et le recours aux douzièmes provisoires empêchent toute planification, fragilisent les équipes et rendent impossible la projection à moyen terme.

Les mesures fédérales aggravent encore la situation : réformes de l’emploi, exclusions du chômage, restrictions budgétaires… Autant de décisions qui menacent directement l’emploi associatif et, par extension, les publics accompagnés au quotidien — primo-arrivants, familles précarisées, jeunes en décrochage, personnes isolées ou vivant dans une grande insécurité matérielle.

Pendant ce temps, les besoins explosent : précarité, isolement, urgences alimentaires, tensions sociales, décrochage, défiance démocratique. Les associations continuent d’absorber ces réalités, souvent au prix de licenciements, d’épuisement et d’un affaiblissement durable du tissu social.


Une mobilisation bruxelloise sans précédent

L’annonce de la FACS s’inscrit dans un paysage de mobilisations multiples qui témoignent toutes d’un même malaise profond. Parmi elles : les motions communales (Forest, Saint-Josse…) alertant sur la pauvreté et les coupes budgétaires, les actions symboliques comme les « Pleureuses résistantes » à Molenbeek, les campagnes sectorielles « Associations en danger ! » dans la culture et la jeunesse, les mobilisations sociales-santé « STOP au péril social ! », les marches pour la jeunesse dénonçant les attaques contre l’enseignement, les interpellations citoyennes via participation.brussels, les initiatives entrepreneuriales et citoyennes (Collective 541), et la mobilisation des 31 Projets de Cohésion Sociale (PCS), confrontés à une baisse de 38,7 % de leurs subsides et à des licenciements annoncés.

Toutes ces mobilisations, chacune depuis son terrain, expriment une même inquiétude : Bruxelles ne peut pas se permettre d’affaiblir son secteur associatif.


Les cinq demandes que la FACS s’apprête à porter

La Fédération finalise une série de demandes claires et réalistes, qui seront adressées aux responsables politiques :

1. Reconnaissance politique explicite du rôle structurant de la cohésion sociale dans le maillage social bruxellois.

2. Sécurisation des financements et clarification rapide des procédures d’agrément, afin de garantir la prévisibilité indispensable à une gestion responsable.

3. Protection des postes ACS, indispensables à la continuité des actions sur le terrain.

4. Concertation réelle et structurée avec les fédérations du non-marchand, pour un dialogue authentique entre le secteur et les décideurs.

5. Mise en place rapide d’un gouvernement bruxellois de plein exercice, condition essentielle à la stabilité institutionnelle et à la bonne gouvernance.

Ces demandes ne relèvent pas d’une logique de dépense supplémentaire, mais d’une logique de stabilité, d’efficacité et de prévention des coûts futurs — des principes essentiels pour une gestion publique responsable.


Justification des subventions 2025 : des consignes tardives qui fragilisent les associations

Fin janvier, les associations ont reçu un nouveau courriel de leur contrôleur concernant la justification des subventions 2025. Si ce courrier confirme enfin les montants octroyés, il introduit aussi de nouvelles consignes… alors que l’année est déjà clôturée. Cette communication tardive oblige certaines équipes à rouvrir des dossiers finalisés, multiplie les informations contradictoires et renforce l’instabilité administrative.

Les points d’inquiétude soulevés par le secteur

Frais généraux — L’interdiction de justifier 100 % en cas de cofinancement, sans précision sur la méthode à appliquer, crée une insécurité supplémentaire. La FACS défend une approche globale, plus conforme aux pratiques comptables courantes.

Frais de personnel — La déduction préalable des subventions ACS ou Maribel avant le prorata CS réduit fortement les montants justifiables et oblige les associations à trouver de nouveaux cofinancements dans un contexte déjà très tendu.

Non-marchand — Le dispositif, devenu trop complexe et imprévisible, est alourdi par une confusion entre les différents systèmes NM (bruxellois, FWB, wallon). Une refonte est nécessaire pour qu’il soutienne réellement l’emploi en cohésion sociale.

Face à ces difficultés, la FACS prendra prochainement contact avec la COCOF pour clarifier ces différents points et communiquera les suites à ses membres. Elle continuera à plaider pour une simplification durable des procédures et un cadre administratif stable, lisible et cohérent.


Enquête sectorielle : votre participation est essentielle !

Le CRAcs (CBAI) et la FACS lancent une enquête pour documenter les effets des incertitudes et contraintes budgétaires actuelles sur les associations de cohésion sociale à Bruxelles. L’objectif est clair : rendre visibles les réalités de terrain afin de porter des recommandations solides auprès de la COCOF et du gouvernement.

Comment participer ?

Répondez à l’enquête en ligne avant le 15 mars 2026 : Accéder à l’enquête

Si vous ne pouvez pas répondre (manque de temps, surcharge, difficultés internes), vous pouvez simplement le signaler à : laura.manne@cbai.be

Envie d’aller plus loin ?

Trois séances d’échange et d’analyse collective sont proposées (sur inscription) :

  • Mardi 10 mars — 9h30 à 13h
  • Mercredi 18 mars — 13h30 à 17h
  • Vendredi 20 mars — 9h30 à 13h

Vos réponses sont indispensables pour démontrer l’ampleur des difficultés rencontrées par le secteur. Chaque voix compte.


La FACS reste mobilisée

La Fédération continuera à défendre les intérêts des associations, à porter la voix du terrain, à documenter les réalités vécues, à interpeller les décideurs et à construire des propositions solides et ancrées dans le réel.

La cohésion sociale est un investissement démocratique essentiel. Nous continuerons à le rappeler, ensemble.


???? Siège social : 37 rue Marconi, 1190 Forest ???? Email : info@facs.be ???? Site web : www.facs.be ???? Téléphone : 02 219 45 98


La FACS — Fédération des Associations de Cohésion Sociale Bruxelloises Numéro d’entreprise : 1016 212 283 — RPM Région bilingue de Bruxelles-Capitale